Interface Juridique ↔ Cyber
C’est la page qui justifie qu’un même site s’adresse à deux publics. Elle formalise ce que chaque équipe doit à l’autre, avec des délais et des formats — parce qu’un échange non formalisé devient, sous pression, un échange qui n’a pas lieu.
Les livrables croisés
De la Cyber vers le Juridique
| Livrable | Fréquence | Format | Délai |
|---|---|---|---|
| SBOM validé et signé | À chaque version livrée | CycloneDX, plus export SPDX à la demande | J+1 après publication |
| Analyse de risques de cybersécurité | Par produit, à chaque évolution majeure | Document type | Avant la revue de mise sur le marché |
| Matrice de traçabilité de l’annexe I | Par produit et par version | Tableau | Avant la revue |
| Journal de traitement des vulnérabilités et VEX | Mensuel | Export de la plateforme | J+5 |
| Rapports de tests de sécurité | Par campagne | Rapport daté | J+10 |
| Description du mécanisme de mise à jour | Par produit | Document type | Avant la revue |
| Qualification « vulnérabilité activement exploitée » | À l’événement | Fiche de qualification | H+2 |
| Justification technique de la période de support | Par produit | Note | Avant la revue |
Du Juridique vers la Cyber
| Livrable | Fréquence | Format | Délai |
|---|---|---|---|
| Classification de criticité par produit | À l’entrée au catalogue | Fiche signée | Avant le lancement du développement |
| Voie d’évaluation retenue | Idem | Fiche | Idem |
| Politique de licences et listes | Trimestrielle | Politique versionnée | J+5 après la revue |
| Décisions d’exception de licence | À la demande | Entrée au registre | 5 jours ouvrés |
| Clauses fournisseurs obtenues | Par contrat | Extrait du clausier | À la signature |
| Arbitrage sur la diffusion du SBOM | Par produit | Décision | Avant la mise sur le marché |
| Décision de signalement et texte validé | À l’événement | Validation écrite | H+20, pour un envoi à H+24 |
| Période de support engagée | Par produit | Registre | Avant la mise sur le marché |
Les deux délais critiques
Deux lignes conditionnent le respect de l’article 14, et méritent d’être affichées :
H+2 — la Cyber transmet la qualification au Juridique. H+20 — le Juridique renvoie la décision et le texte validé. H+24 — l’alerte précoce est envoyée.
Toute autre organisation de ces délais fait porter l’incertitude sur les dernières heures, c’est-à-dire au pire moment.
Le vocabulaire partagé
Cinq termes que les deux équipes emploient différemment, et dont la définition commune doit être écrite :
| Terme | Sens côté Cyber | Sens côté Juridique | Définition retenue |
|---|---|---|---|
| Vulnérabilité | Toute faiblesse détectée par un outil | Une faiblesse exploitable créant un risque | Une faiblesse d’un composant ; son exploitabilité est qualifiée séparément par un VEX |
| Incident | Toute alerte de sécurité | Un événement à notifier | Un événement compromettant effectivement la sécurité du produit ; « grave » est une qualification distincte |
| Produit | Un dépôt, un service, un artefact | Ce qui est mis sur le marché sous votre marque | Ce qui est mis sur le marché, au sens de l’article 3 |
| Version | Un identifiant de construction | Une référence commerciale | Les deux, explicitement liées dans le registre |
| Support | La maintenance opérationnelle | La période de support au sens de l’article 13 | Toujours préciser : « support commercial » ou « période de support réglementaire » |
Cette table paraît triviale. Elle évite les incidents où une équipe déclare « le produit est supporté » quand l’autre entend « vous avez une obligation légale de correctifs ».
Le chemin d’escalade
En cas de désaccord persistant sur une qualification, une décision de signalement ou un arbitrage VEX :
- Responsable PSIRT et référent juridique, sous deux heures en situation d’incident.
- RSSI et directeur juridique, sous quatre heures.
- Sponsor exécutif, sous huit heures.
- En l’absence de résolution dans les délais compatibles avec l’échéance légale : la règle par défaut s’applique — signaler, ne pas mettre sur le marché, ne pas lever le blocage.
La règle par défaut est ce qui rend l’escalade sûre : elle garantit qu’un désaccord ne produit jamais une infraction par inaction.